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Dans la rue, un soir de mars : - Alors la mousmée, elle se défile, non ? - Alors la mousmée non, mais l’animal diurne, ille se méfie des morsures. - Alors l’amour demain soir, as usual ? - Alors l’amour, mon Domi adoré, mon soumis dominé, mon radinou madré, faiseur de loulous, démineur d’anomalies, apprends que n ous ne sommes pas des fleurs, nous sommes un incendie. Alors donc demain soir non. Mardi ou samedi, oui. Au dessert, un con maugrée : - Légalement au resto U, on reste glamour malgré les règlements à la gomme ou le calamar à l’ananas.  Mes neurones se colmatent, ma collègue tout en restaurant son gommage, le met stone : « sale gnome de mes deux, trogne de morue, organe de castor, connard, nous sommes le courage l’une de l’autre  ». -------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------- Ce mois-ci, pour l’agenda ironique de mars hébe

Les dragons du roi

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  Les dragons du roi Ils nous arrosaient d’ypérite, les dragons, en appuyant simplement sur l’aérosol. On avait le tort de protester, d’être protestants, ou protestataires, selon les nuances. Il voulait gommer les aspérités, en ce temps là, le bon Louis. Uniformiser son royaume. Raccourcir les têtes trop pensantes, racornir les esprits un peu ouverts, pesant et soupesant le pour et le contre avant d’obéir à la doctrine. C’était le Vietnam avant l’heure, la colonisation intérieure. Il fallait rallumer la flamme catholique, répétaient en cœur les barons, chacun dans son baragouin. A mesure qu’ils brûlaient nos maisons et nos livres, je sentais la haine grandir en moi. Sans parler des viols (Dieu merci, je n’en ai été ni la victime, ni le témoin direct). Ah les dragons du roi ! M’en parle pas. Si je pouvais effacer cette période de ma mémoire… Mais elle détermine tout le reste. Je me suis soumis comme les autres, tu sais, hypocritement. Et j’ai sauvé ma petite vie. Abjur

#InfraPerec (Recueil de tweets)

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Le vendredi, pendant 54 semaines, du 31 janvier 2020 au 12 février 2021, Emmanuel Vaslin nous proposait sur Twitter d'alimenter le hashtag dédié à l'infra-ordinaire ou infra-quotidien cher à Georges Perec. Poursuivant mon expérimentation d'une écriture sans A, j'ai donc joué le jeu.    Voici mes contributions ici récapitulées, parfois légèrement retouchées à leur relecture. Quelquefois, je me suis autorisé à m'épancher méchamment au-delà des 240 caractères. Attention, j'ai pu parfois m'inventer un personnage ! Que mon illustratrice soit ici remerciée pour avoir transposé certains de mes tweets.       1. LE PLAFOND DE LA CHAMBRE A COUCHER C’est un ciel de poutres et de boiseries d’un turquoise un peu mièvre, qui m’observe du tréfonds de mes rêves. L’ennui c’est que je ne m’en souviens que très peu, et ce psy fidèle reste incorrigiblement muet.   2. MA BOITE AUX LETTRES J'utilise quotidiennement une boîte de réception (et d'envoi) numérique. Cel

Voir Diomir

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  - Je ne veux plus sortir des sentiers perdus ! Moins je vois de monde, mieux je me porte. Une bonne discussion, tu vois, comme celle-ci, tous les trois mois, me suffit. Donne-moi un millier de bons livres, une cheminée, du bois sec, et je suis le plus content des hommes. - Vieil ermite que tu es, et présomptueux en plus ! T’es trop sûr de toi. D’ici cinq ou six jours, si on s’y met pour de bon, en direction de l’est, on rencontre Diomir, une cité constellée de coupoles grises chromées, de bustes de dieux orgueilleux, de rues soudées comme un circuit imprimé, où sillonne une troupe simiesque, et un coq sur une tour tient lieu de réveil. Ces merveilles, Onésime, t’impressionneront-elles ? Peut-être est-ce effectivement le lot commun des villes des Pouilles. Écoute bien, le propre de celle-ci est que si l’on se pointe un soir de septembre, lorsque les jours se couchent plus vite et que de simples bougies illuminent les bords de fenêtres des friteries bondées, que l’une d’elle s’ouv

Janus horribilis

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      Nom de yi ! L’annus horribilis finira t-elle ? Ciel, veux-tu bien prendre mes gémonies ? J’ai soupé tant d’amour en distanciel que — maodite chirie — la nuit je vois des vagues seins pointus ! La fièvre monte mais tétons négatifs, je veux dire, restons négatifs... malgré les envies de barricades et de me foutre en l’air, je me tiens sage… un jour, oui, je te les magannerais ces décideurs... Dans ma tête ça tourne en boucle... est-ce qu’elle me trompe des fallopes ? Le test n’a que trop duré. Je ne serai pas le vengeur masqué. J’irai tête haute et regard droit, le sourire en coin peut-être, t’envoyer valser tous ces folaod. En attendant l’hypoxémie heureuse, sous des trombes d’eau, je brais comme eune veuille chérette . Si vous saviez comme je me lave les mains des malheurs du monde... Pourvu que j’en vois le bout ! Bouffre ! ------------------------------------ Expressions gallo (l’ancienne langue vernaculaire de Haute-Bretagne) : Nom de yi : nom