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Matutinal et bien habillé...

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Matutinal et bien habillé, à l’orée de l’automne je me baladais dans un complet taillé au cordeau sur le bitume inutile pavant mon chemin deux fois par journée depuis - temps damné ! - que je roulais ma bosse à instruire aux gosses des notions de dates et de cours d’eau.
Lorsqu’un miasme putride explosa à mon nez dûment masqué je faillis défaillir, en ôtant le tissu un roulis de tambours tonna dans mon cœur simple à bouillir comme les rafales de l’OTAN. Las j’avais été vu : démasqué.
Bientôt pris en chasse par la maréchaussée, j’empruntai une échelle, montai dans mes tours. J’y vérifiai mes chaussures en quête de crotte en lâchant un mollard sur un agent balourd
Ils me pourchassaient menaçants et retors... je sautais sur les toits comme un yamakasi. Les poulets me suivant je les traitais de porcs (j’allais bien parfois jusqu’à « sales nazis »).
J’esquivai des radis, piétinai des salades, perdis mon parapluie en frappant un drone... tandis que l’odeur, âcre, de plus en plus précise, étal…

Sans peur dans les yeux

Incapable de dormir, je me baladais à une latitude très modérée, d’un air chafouin peut-être, traînant sur le bitume encore chaud mes pattes dégoûtantes. J’admirais la pleine lune qui se découvrait peu à peu quand je tombai nez-à-nez avec un être fébrile, d’une plumitive espèce, étendu sur le trottoir, mouvant difficilement, devant une tablée d’humains feignant de ne rien voir ni entendre. Juste au-dessus, la gouttière indiquait un nid de passereaux. De quelle race ? Je ne sais trop, le duvet m’étant désagréable en bouche, je n’avais jamais senti le besoin express de creuser le sujet des ovipares.En train de gésir, le petit me remarqua… Sans peur dans les yeux… Il est vrai qu’il n’avait plus rien à perdre. Croyant devoir s’expliquer, il interrompit ses gémissements, et livra tout à trac sa vérité : - J’ai entendu dire que quand on est perdu le mieux à faire c’est de rester où on est et d’attendre qu’on vienne vous chercher, mais personne n’aurait pensé venir me chercher ici. Je n’e…

La plage blanche

La plage blanche
La crainte de la page blanche me rappelle à ma hantise enfantine : n’avoir rien à ramener de la pêche. Combien de fois, gamin, les étoiles déjà scintillantes, ai-je été contraint de rentrer à la maison sans les protéines recherchées ? Non, je ne craignais pas d’être frappé ; ni même d’avoir à dîner de simples patates agrémentées d’orties. En revanche le mépris m’obsédait. On ne m’adresserait pas la parole de sitôt. Ces soirs-là, il me fallait affronter les regards torves, et mes petits frères, avant de dormir, s’agitaient longtemps. Les perches n’étaient pas encore en voie de disparition. L'appel était trop fort : lâchant la ligne, je m’en allais racler le fond des rivières, m’imbibant le corps d’argile. Bien des poissons m’ont échappé comme ça. Je ne les haïssais pas. Je n’aimais pas les laisser s’asphyxier, encore moins les entendre se tortiller... mais il fallait bien manger !
Ce matin, comme ma polynésienne de ses mains pleines de monoï masse mes gibbosité…

Agenda ironique de juillet 2020 : les textes

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Ivresse
Après notre bombance, avec satisfaction
Amplement assouvie et mieux que mon envie,
Oui, je me retirai pour passer à l'action
Dans un certain bonheur voire une ardeur ravie.

Soûlé de mercurey j'osai ma rédaction,
Mais parole d'honneur, comme au long de ma vie
En raillant ce qu'on pense avec décontraction,
Après notre bombance amplement assouvie.

Oui je me retirai dans un certain bonheur,
Soûlé de mercurey mais, parole d'honneur,
En raillant ce qu'on pense après notre bombance.

Oui, je me retirai soûlé de mercurey
En raillant ce qu'on pense, oui je me retirai
En raillant ce qu'on pense, en raillant ce qu'on pense.
Gef_  4 juillet 2020
Original : http://www.gef.free.fr/oulipo36.html#date040720Auto-acrostiche d'hémistiche par vers ? Définition: "la lecture des premiers hémistiches des vers successifs engendre
sept alexandrins, qui se trouvent coïncider avec les sept derniers vers du même sonnet." 16 juin 2020, http://www.gef.free.fr/o…

Agenda ironique de juillet 2020

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C'est un peu être le roi du monde que de décider un peu de ce que vous écrirez en juillet 2020, puisque Laurence Délis (https://palettedexpressions.wordpress.com/) me refile la patate à peine attiédie.
Vous choisirez une contrainte de votre choix (l’Oulipo en recense beaucoup : https://www.oulipo.net/fr/contraintes?fbclid=IwAR3PJXCDTWd5oG2DwQ9xASvk0H_wn_td1bCbzzDClRPgGXeqWRHiiL7bWMo… le sonnet classique marche aussi) et pour respecter la contrainte, vous réécrirez cette phrase de l'Abbé Prévost dans Manon Lescaut en début ou fin de dissertation :
« Après avoir soupé avec plus de satisfaction que je n’en avais jamais ressenti, je me retirai pour exécuter notre projet. »Enfin, vous pourrez illustrer votre texte avec une peinture de Zach Mendoza de votre choix. Quelques exemples :



Date limite de réception des contributions : dimanche 26 juilletVotes du 27 au 31... Derechef, je m'en vais trouver un huissier !